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LES GRANDES JOURNEES TRADITIONNELLES ET CULTURELLES DU PEUPLE BAMOUN
Palais Royal Bamoun
04.10.2006

RETROSPECTIVE NGUON 2006 


- Nguon 2006 : une fête au faite
- Le Nguon 2006 et ses manifestations
- Sur les sentiers du Nguon
- Réquisitoires des Fonanguon
- L´interview du Président du Comité National d’Organisation
- Le Nguon en questions


PROLOGUE

NGUON 2006 : une fête au faîte

Comme le veut l’étiquette, le peuple Bamoun vient de tenir une assise majeure et de célébrer sa plus grande fête de tous les temps. Le Nguon, un événement riche de sa pluralité de facettes originelles et originales qui épousent des contours traditionnels, politiques, économiques et culturels.

L’horloge du temps a enregistré le Nguon 2006 comme la 541ème édition de l’histoire et la 8ème sous le règne de Sa Majesté Ibrahim MBOMBO NJOYA à qui l’on doit, depuis l’an de grâce 1993, la restauration et le rétablissement décisif de cette importante tradition mise sous éteignoir à l’époque coloniale.

A la suite de plusieurs manifestations préliminaires, les festivités essentielles de l’immense rendez vous qui laisse encore ressentir ses fortes odeurs euphoriques, se sont déroulées du vendredi 08 au dimanche 10 Décembre 2006.

Les Bamoun du terroir et de la diaspora ont saisi l’occasion pour converger à Foumban sous l’impulsion de leur commune identité et exprimer avec ferveur leurs splendeurs traditionnelles et culturelles aux yeux du monde entier venu à eux. De toute évidence, le rendez-vous du Nguon 2006 n’a pas manqué d’être une fête au faîte malgré les imperfections inhérentes à toute organisation. A ce propos, la simulation de guerre du Dimanche 10 Décembre 2006 restera mémorable pour l’impressionnante mobilisation populaire qu’elle a drainée à travers l’artère principale de la cité des arts jusqu’à la Cour Traditionnelle d’Apparat en apothéose.

En lame de fond et au delà du folklore, le Nguon 2006 n’a pas omis d’être un forum d’évaluation et d’orientation du développement communautaire autour du pouvoir traditionnel. Les Fonanguon ont porté leurs réquisitoires à l’attention du Roi des Bamoun qui a réagi par son Discours du Trône.

Alexis MOULIOM



LE NGUON 2006 ET SES MANIFESTATIONS

Jours de fête

Pendant toute une semaine, du 03 au 10 décembre 2006, le Département du Noun a vibré au rythme des Grandes Journées Traditionnelles et Culturelles du Peuple Bamoun. Venus des quatre coins du monde, des nombreux invités ont assisté aux festivités de la 541ème édition du Nguon placé sous le thème « Peuple Bamoun tenons-nous la main pour le développement ». Par rapport aux expériences antérieures, l’une des grandes innovations du Nguon 2006 aura été la couverture assez large du programme officiel de l’événement. Jour après jour, des manifestations diverses ont retenu l’attention et soulevé des émotions.

CEREMONIES OFFICIELLES : l’onction du gouvernement et la sympathie des pays amis

Le Nguon 2006 a donné la preuve, s’il en est encore besoin, de l’intérêt que le Gouvernement Camerounais et les grands Etats du monde accordent à la culture Bamoun. Dans la matinée Vendredi 09 Décembre 2006, l’esplanade du Palais des Rois Bamoun a abrité la cérémonie d’inaugurations de divers Projets à vocation culturelle : « Ecriture Bamoun et archives », « Réserve du Musée » et « Introduction du patrimoine Islamique au Musée du Palais des Rois Bamoun ». L’éclat de ce temps fort a été rehaussé par la présence aux côtés de Sa Majesté Ibrahim MBOMBO NJOYA des responsables des missions diplomatiques ayant appuyé les réalisations à l’honneur. Notamment les Ambassades des Etats Unis et de la République Fédérale Allemagne.
Dans la soirée du même Vendredi 09 Décembre 2006, après la fête de l’excellence scolaire organisée au Palais par la Fédération des anciens Elèves des Lycées et Collèges du Noun, c’est la cérémonie de lancement officiel des manifestations du Nguon 2006 qui a pris le relais à la Cour Traditionnelle d’Apparat sous le haut patronage Ministre d’Etat, Ministre de la Culture représenté par le Gouverneur de la Province de l’Ouest. Porte parole du Gouvernement de la République pour la circonstance, Pascal MANI a rendu hommage au peuple Bamoun pour son dynamisme culturel de tous les temps. Le Gouverneur de l’Ouest s’est ainsi exprimé après la Troisième Adjointe au Maire de la Commune Urbaine de Foumban, Mme Marthe NGOUPAYOU MBOUAYIE et le jeune Président du Comité National d’ Organisation du Nguon, M. NGOUNGA MOUCHILI Amadou.


MANIFESTATIONS SPORTIVES : un rayonnement populaire d’entrée de jeu.

Le sport a pour beaucoup contribué au rayonnement populaire des manifestations préliminaires du Nguon 2006. C’est par la première édition de l’Ascension du Mont Mbèt Pit que le bal s’est ouvert dans la matinée du Dimanche 03 Décembre. Une innovation majeure qui a permis aux populations de Foumbot de vivre avec ferveur un pan de l’évènement sur la place de fêtes de leur arrondissement retenue comme point de départ et d’arrivée de l’épreuve.

Toujours dans le menu des activités sportives, deux autres articulations ont fait sensation à Foumban, respectivement dans la matinée du Lundi 04 Décembre et dans la soirée du Jeudi 07 Décembre 2006. Un mini marathon dont l’itinéraire annoncé a subi une restriction en dernière minute et un gala boxe qui s’est déroulé dans une très forte ambiance.

Du reste, les sports traditionnels n’ont pas été en reste dans leur grande diversité : luttes, tir à la corde, concours de visée et autres parades. Seul le tournoi de Football baptisé au nom de Sa Majesté Ibrahim MBOMBO NJOYA a manqué de se tenir au grand mécontentement des jeunes qui s’y sont préparés dans les huit arrondissements du Noun.


FOIRE ARTISANALE, COMMERCIALE ET AGROPASTORALE : le carrefour des échanges économiques.

La construction d’un édifice en dur pour servir de cadre d’échanges économiques se situe au sommet des innovations du Nguon 2006. La site de foire dont il est question a constitué à jouxte de la Cour Traditionnelle d’Apparat de Foumban, un pôle d’attraction de jour comme de nuit, depuis la Mardi 03 Décembre. Le Vendredi 08 Décembre 2006, le Gouverneur de la Province de l’Ouest et le Roi des Bamoun ont pris le pouls de cet espace pluriel où des opérateurs divers ont campé pour proposer au grand public, images, produits et services. On pouvait y apercevoir secteur par secteur, les Institutions publiques et parapubliques, les sociétés et entreprises commerciales, les commerçants informels, les artisans, les agriculteurs et éleveurs avec des impressionnants fruits de leur labeur et surtout les restaurateurs qui se sont taillés la part du Lion. L’effervescence à la foire a atteint son apogée le Samedi 09 Décembre 2006 et bien malin qui pouvait s’introduire sur les lieux sans endurer une longue bousculade à l’entrée.


MANIFESTATION CULTURELLE : des ingrédients mi-figue, mi-raisin.

L’expérience de ces dernières années démontre que le Nguon est le moment par excellence où la culture Bamoun s’offre à découvrir. Le Nguon 2006 n’a pas dérogé à ce principe. Depuis la soirée du Dimanche 03 Décembre 2006, le menu culturel de l’événement s’et mis en branle avec une palme d’or pour les écholalies et le théâtre qui ont effectivement tenu le haut du pavé. Mais seulement, des nombreux manquements ont fait tâche d’huile. Pas assez de groupes de danses traditionnelles du terroir en exergue et une méga soirée culturelle accomplie avec beaucoup de peine. Par ailleurs la soirée « mode et art culinaire Bamoun » inscrite au programme a été sans nouvelles pour les invités qui ont voulu y participer. Si elle a eu lieu, c’est sans doute dans une discrétion inappropriée.


FORUMS DE REFLEXION : des espaces en mal d’audience.

L’occasion du Nguon prête de coutume aux réflexions sur le devenir du département Noun qui abrite le peuple Bamoun. Dans cet ordre d’idées, trois moments d’échanges d’idées ont été observés à l’occasion du Nguon 2006. Une Conférence Publique le Lundi 04 Décembre sur le thème général de l’évènement : « Peuple Bamoun tenons – nous la main pour le développement », un colloque le Mardi 05 Décembre sur le thème « Développement des PME/PMI dans le Noun : état des lieux et perspectives » et une table ronde le Vendredi 08 décembre 2006 sur le thème « Elites et insertion socioprofessionnelle des jeunes ».
Toutes ces messes intellectuelles ont eu plus ou moins la particularité de n’intéresser que leurs animateurs et les étudiants ressortissants du Noun. Le grand public n’a manifestement pas répondu présent à ces assises dont les travaux ont porté des fruits qui devraient servir à quelque chose. A moins qu’il ne soit éternellement question de réfléchir pour le simple plaisir de remplir les formalités.

MANIFESTATIONS TRADITIONNELLES ET RITUELLES: la fidélité à l’étiquette.

Le Nguon 2006 s’est conformé aux canons définis par les ancêtres. De multiples manifestations traditionnelles et rituelles ont ponctué cet événement sous des formes secrètes et profanes. Les anoblissements au matin du Mercredi 06 Décembre 2006. L’entrée rituelle et discrète des Nguon au palais dans la nuit de Vendredi et la collecte des remèdes traditionnels ( Shâ’ Pam) par le Roi au petit matin de Samedi, suivi immédiatement des réquisitoires des Fonanguon et du Discours du Trône à la Cour Traditionnelle d’Apparat de Foumban.
Le même Samedi, le programme du Nguon s’est enrichi du sacre solennel des héritières des Reine –Mères des Rois NJOYA, Seidou NJIMOLUH et Ibrahim MBOMBO NJOYA.
Au faîte des articulations traditionnelles, la cérémonie de sho’ melùe s’est imposée comme un véritable temps fort dans la matinée du Dimanche 10 Décembre 2006. Simulant la guerre, après le résonnement du grand tambour de rassemblement « Nkindi », le Roi des Bamoun s’est de bonne heure déporté à la porte d’entrée de Foumban dans un incommensurable bain de foule. Et le retour du souverain à la Cour d’apparat s’est opéré dans un comble d’émotion et d’émulation. Apparemment stupéfaits par une aussi grande vitalité communautaire autour du pouvoir traditionnel, les invités du jour ont vécu des scènes diverses marquant le souvenir des victoires que les conquérants Bamoun de l’époque remportaient de tout temps sur leurs ennemis : Soins au blessés de guerre, allégeance du Roi soumis, présentation et affectation des prisonniers de guerre, présentation des trophées de guerre par les chefs de bataillons, danses de triomphe etc.

La parade militaire autrement appelée « Fit Nkindi », a ainsi mis un terme aux festivités du Nguon 2006.

Jonas NDAYOU




REPERES: Sur les sentiers du Nguon

Pleine de significations, le terme Nguon renvoie à la fois à des réalités traditionnelles, Politiques et Economiques que les Bamoun ont hérité de leurs lointaines ancêtres. Un ensemble de pratiques qui font valoir une grande originalité.

Dans son ouvrage fondamental « Histoire et coutume des Bamoun » Rédigé au moyen de la Langue SHÜMOM qu’il a lui-même inventée en 1896 et traduit en français par le Pasteur Henri Martin, le Roi NJOYA, 17ème souverain du peuple Bamoun a écrit : « C’est NCHARE YEN qui a dit que le Nguon est le signe royal de la race de Rifum ». Cette déclaration a le mérite d’indiquer les Origines du Nguon et de repérer le point de départ de sa présence chez les Bamoun.
En effet, NCHARE YEN est le fondateur du Royaume Bamoun dont les jalons ont été posés en 1394 dans la localité de Njimom, non loin de Foumban. Venu de RIFUM en pays Tikar dans l’actuelle province camerounaise de L’Adamaoua, ce grand héros de l’histoire qui passe pour être la première figure de la dynastie Bamoun, n’a pas manqué d’instituer au sein de la nouvelle communauté qu’il a fondée, la pratique culturelle du Nguon héritée de ses ancêtres. Les historiens soutiennent dans cet ordre d’idées que la première fête du Nguon chez les Bamoun a été célébrée en 1395, soit un an après l’acte fondateur de leur Royaume. Mais seulement, parler de Nguon, comme d’une simple fête serait réduire à sa moindre expression un concept pluridimensionnel.
Une tradition polysémique

Consacré de bonne heure en pays Bamoun, le terme Nguon est de définition plurielle. D’entrée de jeu, l’on peut relever que cette expression est la dénomination en langue Bamoun d’un insecte de la race des coléoptères. Une bestiole qui raffole le suc amer de l’arbre à « Ndolé » dont le nom scientifique est Vernonia Amygdalina. L’insecte mâle devenu adulte, exhibe des cornes fourchues qui lui valent le qualitatif de « KAKANDU » et produit par son vol lourd, un bruissement musical agréablement perçu à l’oreille. Aussi les enfants passionnés de cette musicalité, font- t - ils la chasse systématique a cet être volant qui fréquente les bosquets du village pour l’apprivoiser à l’aide d’un fil noué par le thorax.

Mais Nguon, au-delà de ce spectacle visible et profane, est une société secrète interdite d’accès aux femmes et enfants. Un cercle bien hermétique et la limite mystique, qui ne regroupe que des personnes initiées recrutées chez un dignitaire ou une personnalité à qui le Roi a attribué un ensemble objets sacrés et rituels portant aussi le nom de Nguon. L’attributaire que l’on appelle « Titâ Nguon » (Père du Nguon), désigne dans son entourage un homme de confiance dont le rôle est de transporter les objets sacrés Nguon au Palais à chaque fois que le Roi lui-même « Titâ Nguon » battra le rappel de tous les Nguon du Royaume qui sont en fait sa propriété. « Fon Nguon » (Roi du Nguon) est ce chargé de mission qu’accompagnent des jeunes hommes qui portent le titre de « Pon Nguon » (enfants du Nguon).

Assez nombreux (138 en 2006) et attribués de façon discrétionnaire par le Roi, les Nguon d’ici et d’ailleurs entrent tous au palais à l’occasion d’une grande fête et assise dont le nom de baptême est également Nguon. Rendez-vous annuel à l’époque et biennal depuis 1994 sous le règne de Sa Majesté Ibrahim MBOMBO NJOYA, l’évènement du Nguon est un véritable temps fort pour le peuple Bamoun. Un moment de rassemblement, de communion politique, d’échanges économiques et de détente autour de leur Roi.
Lors de la célébration du Nguon convoqué par le Roi, les « Fonanguon » (pluriel de Fon Nguon) animent la société sécrète Nguon au palais où ils convergent massivement. Les objets rituels Nguon et leurs accessoires se font entendre, produisent et distillent de loin un air de musique anonyme que l’on qualifie aussi de Nguon.


DES FONCTIONS MULTIPLES

Société sécrète, instruments sacrés, musique rituelle, fête et assemblée populaire pour tout le moins, Nguon est une « réalité polysémique », mais aussi une institution aux multiples fonctions.
La fête du Nguon qui se célèbre au lendemain des récoltes est un cadre de régulation économique. Les sujets du Roi lui apportent en nature des tributs qui leurs sont redistribués dans une logique communautaire de partage et de complémentarité. Le cultivateur venu d’une zone où on produit du mil ou du maïs en offre révérencieusement au monarque et reçoit en retour du poisson en provenance d’une autre région qui est plutôt propice à la pêche, et vice-versa. Des réserves de denrées sont constituées à cette occasion et entreposées dans les greniers du palais pour prévenir les famines.

Le rendez-vous du Nguon est aussi une assise d’évaluation de la politique de gestion du Royaume par le Roi qui est publiquement tutoyé. Les deux lances judiciaires Ku-Mutgu sont plantées devant le trône pour libérer la parole. Les Fonaguon, députés de la nation Bamoun adressent alors au monarque toutes les critiques et dénonciations, appréciations et suggestions recueillies auprès du peuple préalablement consulté dans le cadre d’un vaste sondage baptisé « Shi’rum ». Les succès et les faits d’armes du royaume sont félicités et des propositions faites pour un avenir meilleur.

Rétabli dans son pouvoir après ces réquisitoires, les allégeances se renouvellent aux pieds du Roi qui tient un discours de politique générale à travers lequel ils dressent le bilan de la vie du royaume depuis le dernier rassemblement du Nguon et définit les orientations du futur.
Mais Nguon, au-delà de ce cadre démocratique qu’il constitue pour le peuple Bamoun, joue des multiples autres rôles sous d’autres formes.
La société secrète Nguon participe activement aux funérailles du Roi qui tire la révérence et accompagne l’intronisation de son successeur.

Ce sont aussi les Nguon qui évaluent la longévité de chaque monarque au trône en faisant le point du nombre de fois qu’ils sont venus à Foumban sous son règne.

En définitive, Nguon chez les Bamoun est un patrimoine exceptionnel qu’il aurait fallu créer si elle n’avait pas existé. Heureusement que les ancêtres y ont pensé dans leur extrême sagesse.

Alexis MOULIOM

BIBLOGRAPHIE
- « Histoire et coutumes des Bamouns » Ibrahim NJOYA
- « Le Royaume Bamoun » Claude TARDIST
- « Nguon : éléments d’histoire » Dr A. NJIASSE NJOYA
- « Nguon : Une réalité polysémique » Isaac NJIFAKUE
- « Nguon hier aujourd’hui et demain P.EBENEZER KPOUMIE


NOUVELLE ERE:

La Renaissance d’une Tradition Historique

Depuis 1993, le Peuple Bamoun a décidément renoué avec le Nguon que les colons ont mis sous éteignoir par le passé. Sa Majesté Ibrahim MBOMBO NJOYA est l’artisan de cette restauration sur les traces de son prédécesseur et père le Roi Seidou NJIMOLUH.

Evénement permanent chez les Bamoun depuis la fondation de leur Royaume en 1384, l’histoire rapporte que la fête du Nguon a souffert d’un passage à vide au XXème siècle. En effet les autorités coloniales françaises ont interdit sa célébration à partir de 1924, sous le règne du célèbre Roi NJOYA, 17ème Souverain du Peuple Bamoun.

Sous embargo depuis lors et menacé de disparition, le Nguon a quelque peu refait surface deux décennies plus tard sous le règne du Roi Seidou NJIMOLUH qui en a convoqué les assises à quatre reprises: en 1958, à la faveur de l’inauguration de la grande mosquée de Foumban, en 1963 pour fêter ses trente ans de trône, en 1976 pour accompagner les premières Journées Culturelles et Economiques du Peuple Bamoun et en 1985 pour marquer le cinquantenaire de son règne et le centenaire de la naissance du Roi NJOYA célébrés simultanément avec l’inauguration du Palais Royal de Foumban rénové.
L’élan de renaissance ainsi amorcée, s’est consolidé sous Ibrahim MBOMBO NJOYA, l’actuel Roi des Bamoun qui a suivi les traces de son père Seidou NJIMOLUH et entrepris avec succès la restauration définitive du Nguon.
Un an après son accession au trône en date du 10 Août 1992, le Roi MBOMBO NJOYA a organisé les assises du Nguon pour la première fois du 27 Juillet au 10 Août 1993. Cet événement inédit a rythmé le premier anniversaire de son règne et consacré le retour en zone de l’assemblée traditionnelle et culturelle du Peuple Bamoun.
L’année suivante, en 1994, la réapparition du Nguon s’est confirmée. L’événement y relatif est organisé du 16 au 18 décembre et placé sous le signe des 600 ans d’histoire du Royaume Bamoun. A cette occasion Sa Majesté Ibrahim MBOMBO NJOYA décide avec son peuple que la fête du Nguon qui a repris droit de cité se célébrera désormais tous les deux ans. Une périodicité jusque là respectée a travers des rendez-vous qui ont gagné en ampleur d’une édition à l’autre. Notamment :

- Le Nguon 96 placé sous le signe de la commémoration du centenaire de l’invention de l’écriture et de la langue SHÜMOM par le Roi NJOYA et célébré du 13 au 15 décembre 1996
-Le Nguon 98 placé sous le triptyque « bilan, diagnostic et programme » à la fin du xxème siècle et célébré du 11 au 13 décembre 1998.
- Le Nguon 2000 placé sous le thème « Rassemblement, Solidarité et Développement » et célébré du 17 au 19 Novembre 2000.

- Le Nguon 2002 placé sous le signe de la communication et célébré du 13 au 15 Décembre 2002.

- Le Nguon 2004 sous-tendu par le thème « Un Peuple Uni Contre le VIH /SIDA et le Pauvreté » et célébré du 10 au 12 Décembre 2004 ».

C’est dans ce sillage que s’est inscrit le Nguon 2006 célébré du 10 au 12 Décembre dernier et placé sous le thème « Peuple Bamoun, Tenons Nous la Main Pour le Développement ».


REQUISITOIRE DES FONANGUON

Le Roi au tribunal du peuple

Le Nguon est une authentique tribune d’exercice de la démocratie. Le Samedi 09 Décembre 2006, Sa Ibrahim MBOMBO NJOYA est passé au tribunal collectif. Les Fonanguon, porte-parole du peuple, ont solennellement interpellé le Roi des Bamoun sur la situation de la communauté. La Gazette du Noun a traduit leurs réquisitoires pour ses lecteurs.

INTRODUCTION

NJIMONSHUT

Majesté,

Deux ans après notre séparation dans cette Cour Traditionnelle d’Apparat, les Fonanguon ont, en prélude à la présente édition du Nguon, procédé au Shi’rùm ( consultations du peuple ) et sont rentrés hier dans la nuit. Ce matin de Samedi, Ils ont jugé bon de soumettre tout ce qu’ils ont enregistré de bon et de mauvais à leur Roi qui peut seul savoir comment en parler à ses Bamoun. Onze Fonanguon prendront la parole pour s’exprimer sur des sujets spécifiques. A l’écoute de leurs propos, chaque auditeur prendra bonne note de ce qui le concerne particulièrement.
Devant vous Majesté et devant vos conseillers intronisateurs, voici ce que les Fonanguon portent à votre attention.

1 – Remerciements au Chef de l’Etat S. E Paul BIYA
NJI KPOUMIE NSANGOU Moïse. Fon Nguon Shètfon NJI MONGOU FON MBOMBO NJOYA.

Majesté,
A la veille du Nguon 2006, nous Fonanguon, porte – paroles du peuple, avons sillonné de fond en comble le territoire du royaume pour recueillir les sentiments exprimés par les différentes couches de notre communauté. Toutes les populations que nous avons consultées souhaitent vivement que l’unité et l’entente règnent au sein de notre peuple, que nos bonnes coutumes et traditions soient préservées et que le développement et la réduction de la pauvreté soient pour nous un cheval de bataille tout sans oublier la lutte contre les criminels qui sèment la mort dans notre société.
Au delà de toutes ces préoccupations Majesté, tes sujets te sont reconnaissants pour le combat que tu mènes sans répit afin de maintenir le Royaume Bamoun en vie et d’asseoir sa prospérité sous toutes les latitudes.
Les gens de ton Royaume savent aussi gré au Président de la République du Cameroun S.E Paul BIYA qui n’oublie jamais le peuple Bamoun et qui ne se soucie point de recevoir avant de donner.
Un Bamoun est Ministre au sein du Gouvernement de la République et des nombreux autres Bamoun occupent des hautes fonctions dans l’administration Camerounaise. Les collèges se multiplient autour de nous. Les CES de Koupa-Matapit et de Bagourain sont aujourd’hui transformés en Lycées. De nouveaux établissements secondaires publics ont ouvert leurs portes à Koupa, Koutaba-Léproserie, Njimom et Manguiébou’. Les accords sont signés pour le bitumage de la route Foumban – Magba’.

Pour finir Majesté, nous tes Bamoun remercions une fois de plus le Chef de l’Etat pour avoir nommé à la tête de notre département un Préfet chevronné en l’occurrence M. BAPES BILONG Dieudonné qui gère le Noun à la manière d’un Chef de famille qui s’occupe bien de ses enfants dans la concession.

2 – Préservation des traditions en voie de disparition
NYINYIKOUA Jean Claude, Fon Nguon NJI NJIAWOUO MAWOUO

Majesté,

Nombre de nos traditions sont en voie de disparition parmi lesquelles la danse du Njâ. Les jeunes d’aujourd’hui n’entendent plus qu’en contes que le Njâ fait partie des grandes célébrations dans le royaume Bamoun. C’est la fête de l’élégance, de la propreté corporelle et de l’esthétique. Quand le Roi organise la fête du Njâ , le marché des produits d’élégance s’installe et bat son plein. A cette occasion, le souverain récompense plus que jamais ses sujets . Le Roi lorsqu ‘il danse le Njâ, lance une queue de cheval en direction du grand public et le célibataire qui l’attrape au vol a la chance de recevoir une épouse.
Les Bamoun souhaitent que le Roi rétablisse le Njâ comme il a restauré le Nguon.

3 – Respect de la loi traditionnelle qui régit la succession
NJI FENDOUOP MAKEP, Fon Nguon Fon

Majesté,

Nous t’interpellons sur les problèmes de succession dans le Royaume Bamoun. Tes sujets te demandent pourquoi tu ne réagis pas à tant de dérapages ? Les Rois Bamoun avaient édicté la loi « Sapki » à laquelle le peuple a adhéré. Selon cette loi, le successeur d’un homme qui meurt doit être son propre enfant même si ce dernier est un fou ou une femme. De nos jours, chacun n’en fait qu’à sa tête et que dis-tu de cela ?

Majesté, quoiqu’il en soit, ne brise pas les lois du Royaume Bamoun. C’est toi le gardien de nos traditions.

4 - Lutte contre la pauvreté
Fon Nguon NJI MONYU TANGU NJINKA’

Majesté,

Tes Bamoun disent une fois de plus merci au Président de la République du Cameroun S.E Paul et te savent aussi gré ainsi qu’à tes amis de part le monde. Tes bonnes relations nous ont permis de bénéficier du Projet de Développement Rural du Mont Mbappit qui apportera de l’aide aux populations.
Frères Bamoun ! N’entrons plus dans ce fût d’huile pour en sortir tous blancs. Exploitons cette opportunité pour être en phase avec le thème que Sa Majesté le Roi a retenu pour sous-tendre le Nguon 2006 : « Peuple Bamoun, tenons- nous la main pour le développement »
5- Culte de l’entente, de l’unité et de la solidarité dans le
Royaume

NJI NTENTIE MOFEN Aboubakar, Fon Nguon MOSU FON MBOMBO NJOYA

Majesté,
Tes Bamoun te demandent une fois de plus de ne point te lasser de réunir et de lier tes enfants. Tes filles et tes fils doivent vivre dans l’entente, l’unité et la solidarité. Veuilles bien les encadrer comme mère – poule encadre ses poussins. A ce prix, ton royaume vivra dans la paix et ton peuple dans prospérité.

6 – Développement de l’éducation et de la formation
Professionnelle
Jean NJUEYA, Fon Nguon NJI MONGU MAWOUOSHUP

Majesté,

Lorsque nous sommes descendus sur le terrain pour consulter le peuple, nous avons constaté que tes Bamoun sont en éveil pour l’éducation de leurs enfants. Ils ont crée des Associations de Parents d’Elèves et prennent une part active dans la construction des salles de classes et la prise en charge des enseignants. Vous saurez comment les féliciter pour ces bonnes actions de développement.
Toutefois, Majesté, nous te rappelons que le Président de la République S.E Paul BIYA avait soulagé les parents d’élèves du Noun en créant l’Institut Universitaire des Beaux Arts et l’Ecole des Infirmiers Diplômés d’Etat de Foumban. Vous avez offert du terrain pour la construction de ces grands établissements. Sur un tout autre plan, le Chef de l’Etat, lors de sa première tournée au lendemain de son accession au pouvoir, avait promis le bitumage de la route Baganté – Foumbot. Qu’est ce fait que jusqu’à nos jours, ces réalisations ne soient pas effectives ? Est- ce un problème d’argent ou un défaut d’enseignants pour le cas des structures éducatives? A quoi sert finalement la cellule que tu as créée pour contribuer à la mise en œuvre de nos réquisitoires ? Peut-on acheter des habits neufs pour un enfant, les lui présenter et tout condamner dans la valise ? Toutes ces promesses etaient – elles flatteuses ?

7 – Respect de l’intégration nationale
NJIMOWA NJINDEN, Fon Nguon Fon

Majesté,
Le gouvernement de notre pays a ordonné que le citoyen camerounais ne soit point étranger partout où il va au Cameroun. « D’où viens-tu ? » est une question sans objet parmi les camerounais. Le camerounais est chez-lui partout sur le territoire national. Conformément à cette règle, vous avez ouvert les portes de votre royaume aux frères qui ne sont pas Bamoun. Ton peuple qui est hospitalier depuis la nuit des temps a bien accueilli tous ces allogènes. Mais seulement, certains de ces étrangers font preuve de mauvais comportement. Majesté Roi des Bamoun, tes sujets te demandent de convoquer leurs chefs de files pour les mettre en garde afin que leurs mauvais éléments changent d’attitude pour éviter les mésententes avec les autochtones.

8 - Ascension de Fédéral Sporting Club du Noun en
Première division
NCHANKOU Mama Kabîr, Fon Nguon MOMAFON NJI NGOUNDOU

Majesté,

Tous tes Bamoun, de la Mapé jusqu’au Nja et de l’océan jusqu’au Noun, sont fiers de l’ascension de Fédéral Sporting Club du Noun en première division du Championnat National de Football. Fédéral est devenu le porte étendard du Royaume Bamoun et son maintien en division d’honneur est une autre source de joie. Tes Bamoun te remercient et remercient les joueurs et leurs encadreurs. Ils te souhaitent d’aller de l’avant avec tous tes enfants et tes amis qui t’entourent pour soutenir Fédéral. Les jeunes plus particulièrement sont sensibles à cette action qui répond à leurs préoccupations.

9 – Echecs des structures de développement
Communautaire dans le Noun
FON NGUON NJI NJA’ FOLAP

Majesté,

Les Bamoun ont mal au cœur lorsqu’ils constatent que la plupart des structures que tu inities pour promouvoir le développement communautaire, échouent du jour au lendemain. C’est le cas du GAPEN, de la CPAC, de l’ADENOUN , de la SCAN, de la COPROVINOUN et bien d’autres. Toutes ces entreprises qui ont fait la fierté de ton peuple lorsqu’elles fonctionnaient, sont aujourd’hui en panne ? Tes Bamoun te demandent quelles mesures tu as prises pour punir ceux de tes enfants à qui tu as confié la gestion de ces institutions ? Tu leur as fait confiance et ils t’ont couvert de honte et humilié toute la communauté.

Qu’est qui fait, Majesté, que toutes nos structures de développement prennent toujours les allures d’un feu de paille ?

10 – Ecarts de la justice
Fon Nguon MAMBAFON NJTAME

Majesté,

Tes Bamoun sont mécontents de toi, de tes Adjoints et de ta Momafon. En effet, lorsqu’un qu’un Bamoun a un dossier au tribunal et que le verdict tombe en sa faveur, tes amis gardiens du pouvoir judiciaire n’exécutent pas toujours honnêtement et dans les bonnes normes la sentence prononcée. Aussi te demandons-nous si tu t’es arrangé avec eux pour nous piétiner de la sorte ? Que nous répond – tu à ce propos ?

11 – Réponse aux doléances du peuple et reconduction du
Roi sur son trône
NJIBAN, Fon Nguon Fon

Majesté, Roi des Rois, Roi conquérant,

Voilà pour toutes les doléances que le peuple que nous avons consulté, nous a demandé de vous transmettre. Ce peuple te fait entièrement confiance et ne doute pas un seul instant que ton souci premier soit d’assurer son bien être. Les Bamoun souhaitent que les actions qui seront entreprises pour apporter des solutions aux réquisitoires que leurs porte-parole ont exprimés publiquement, fassent l’objet d’un suivi rigoureux de la part de leur Roi. A présent tu peux te rasseoir sur ton trône.

Rituel de purification du royaume par Tâ Ngû
(Ministre de la Justice )

Majesté,

Depuis que m’a nommé à la fonction de Tâ Ngu, tu as pu faire le point du travail que le royaume et tes fils ont abattu à tes pieds. Tes sujets te félicitent sur tous les plans même si un problème majeur reste à relever. Il s’agit notamment gens qui tuent qui leurs frères directement ou par voie mystique. J’aperçois les auteurs de ces actes et certains passent même devant toi. Il faut neutraliser leurs pouvoirs et leurs instincts maléfiques et criminels.

Majesté, les élites de ton royaume qui sont présent en ces lieux ne peuvent plus circuler avec de l’argent dans ton territoire pour réaliser des bonnes œuvres. Ils sont découragés par les coupeurs de routes qui les agressent et les dépossèdent de leurs avoirs. Il y’a lieu de trouver une solution à ce phénomène. Nous avons appris que l’un de tes amis chefs traditionnels propose une recette à cet effet. Essayons la formule qu’il nous suggère.
Quant à moi Tâ Ngû du Royaume Bamoun, depuis que je travaille à tes côtés, je ne suis pas tombé malade. J’accomplis toutes les tâches que tu me confies. Dans cette cour traditionnelle d’apparat, j’effectue le sacrifice que tu as ordonné pour purifier ton royaume. Je verse le sang du bélier sur les lances judiciaires Kû Mutngû pour faire régner la paix dans ton royaume.



INTERVIEW DU PRESIDENT DU COMITE D’ORGANISATION

A l’issue des manifestations du Nguon 2006, le Président du Comité National d’Organisation a livré ses sentiments et tiré les leçons qui s’imposent. NGOUNGA MOUNCHILI Amadou porte son regard vers le futur.

Quelles sont vos impressions au terme des manifestations du Nguon 2006.
Nos impressions sont bonnes pour plusieurs raisons. Nos frères Bamoun ont massivement répondu à l’appel du Roi et battu le record de participation à l’évènement du Nguon. Les invités sont également venus nombreux au point de surpasser les prévisions. Sur le plan de l’organisation, la quasi-totalité des commissions s’est montrée à la hauteur de nos attentes. Nous pouvons ajouter que le programme des festivités a été largement couvert. Les manifestations se sont déroulées pendant toute une semaine sur l’ensemble du territoire départemental du Noun avec au départ, l’ascension du Mont Mbèt Pit qui a fait sensation à Foumbot et à mi chemin, des journées de débats thématiques qui ont bénéficié de la participation active des intellectuels Bamoun .
Notre satisfaction repose aussi sur les innovations majeures ayant marqué l’atteinte des objectifs que le Roi des Bamoun a assigné au Comité National d’Organisation. Ces défis que nous avons pu relever avec la contribution de tous, concernent la construction d’une foire en matériaux définitifs, l’acquisition des chaises et la dotation du Nguon d’un matériel de sonorisation bien performant.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

D’abord des difficultés financières. Face à notre vaste programme d’investissement et de festivités, la tension de trésorerie a été permanente tout au long des préparatifs et pendant les manifestations. Dieu merci, l’essentiel a été sauf. Sur un tout autre plan, certains responsables n’ont pas pu s’arrimer à la nouvelle approche méthodologique basée sur un chronogramme et des outils stratégiques de travail qui permettent d’évoluer en direction des objectifs qu’on entend atteindre. Certains manquements ont produit des désagréments qu’on aurait pu éviter.

Quelles leçons tirez – vous pour l’avenir.

Les leçons sont de plusieurs ordres. Il va falloir renforcer le patrimoine du Nguon constitué des équipements et infrastructures dont l’acquisition et la réalisation donnent satisfaction au peuple Bamoun qui a la preuve que ses efforts servent concrètement à quelque chose. Par ailleurs, il est urgent de sensibiliser les intervenants de la chaîne organisationnelle du Nguon à la nouvelle méthodologie de travail pour que tout soit fin près à l’heure de célébration du Nguon. Des réflexions doivent être menées au sujet des villages du Nguon pour une amélioration des conditions d’accueil des délégations Bamoun qui prennent part au Nguon. Une étude s’impose également pour la résolution de l’équation de financement des Grandes Journées Traditionnelles et Culturelles du Peuple Bamoun. La formule est à trouver pour que les ressources nécessaires soient disponibles en temps opportun.
Du reste, et toujours en terme de leçons, la dimension internationale et la complexité croissante du Nguon exigent des préparatifs qui débutent de bonne heure. Dans cet ordre d’idées, le Comité National d’Organisation doit se doter d’un siège permanent pour être repérable et rationaliser son administration.

Le mot de la fin ?

Nous remercions le Roi des Bamoun pour la haute marque de confiance qu’il a placé en nous et maintenu jusqu’au bout. Pour soutenir le comité National d’Organisation du Nguon, Sa Majesté n’a pas ménagé ses efforts, encore moins ses moyens. Nous remercions également nos collaborateurs à tous les niveaux, les communautés Bamoun du terroir et de la diaspora, les élites et d’autres bonnes volontés qui ont contribué à la réussite de l’évènement. Les Bamouns ont montré à la face du monde entier que le Nguon le ciment de leur unité et le cadre d’expression d’une culture dans laquelle ils se reconnaissent tous avec fierté. Notre gratitude va aussi à l’endroit du gouvernement de la République qui nous a appuyé durant les préparatifs et les manifestations. Nous n’oublions pas les grandes sociétés et d’autres opérateurs économiques locaux tels que ECTF, ENGOULIBRA et DIDANGO qui nous ont apporté leur précieux concours. Le succès que nous avons acquis revient à tous les acteurs qui se sont investis.



MAIN COURANTE:

La foire aux livres

Le Nguon reste un cadre de mise en exergue des œuvres des intellectuels Bamoun et des œuvres intellectuelles s’intéressant au Royaume Bamoun. L’édition de 2006 qui vient de s’achever a porté en vitrine des documents divers. Des ouvrages de poids imposant respect par leur consistance et des bouquets de papiers brillant par leur vacuité. La mention spéciale est sans doute revenue à « NJOYA et le Royaume Bamoun », une compulsion d’archives authentiques, réalisée par le Dr Alexandra Loumpet-Galitzine et publié aux éditions Karthala en France. Le public du Nguon 2006 s’est aussi intéressé à un écrit élaboré par l’Association « Kône » de Yaoundé et intitulé « Le mariage dans le Royaume Bamoun et son évolution socioculturel jusqu’à nos jours ».

Le Nguon « vache à lait »

Nombreux sont les Bamoun pour qui le Nguon n’est pas une fête communautaire dont le succès requière la contribution de tous, mais un évènement « vache à lait » qui donne l’occasion de se remplir les poches en tirant les marrons du feu. En apparence ou dans les coulisses, on a aperçu bien de fils du Noun revendiquer à cor et à cri d’être payés comme des prestataires pour avoir occupé des postes de travail dans l’organisation ou participé à la mise en œuvre des festivités. Les éclats de voix sont souvent partis des nouvelles erronées et des appréhensions selon lesquelles le Comité National d’Organisation est inondé d’argent.

Images et gadgets sous contrôle

La Commission de Communication et de Marketing s’est manifestement efforcée de limiter le chaos des éditions antérieures. Des accréditations ont été imposées aux preneurs de vues, photographes cameramen qui, pour la plupart, filment les images du Nguon pour les mercantiliser ici et d’ailleurs sans retombées pour la communauté Bamoun. Les petits malins qui passent pour des journalistes ont été démasqués et débusqués.
Les producteurs anarchiques de gadgets (Tee-shirts, casquettes et autres) ont aussi évolué dans des petits souliers. Des mesures étant prises pour qu’ils n’opèrent pas sans autorisation du Comité National d’Organisation qui se donne le droit de contrôler l’usage du logo, de l’image et des messages du Nguon. Quoiqu’on dise, les mécanismes doivent impérativement se moderniser.

Les Bamoun de Dshang lésés

Dans l’après midi du Samedi 09 Décembre 2006, les communautés Bamoun de la diaspora ont reçu la visite du Roi des Bamoun dans leurs villages respectifs. En droit de communier avec Sa Majesté Ibrahim MBOMBO NJOYA qu’ils s’apprêtaient à recevoir dans leur stand, les Bamoun de Dschang ont été privés de ce légitime honneur. L’éloignement de leur village par rapport au Palais des Rois Bamoun a sans doute dicté à cette omission propre à susciter des grincements de dents.

Des affaire de « sexes disparus »

Des pratiques de sorcellerie auraient eu cours pendant le Nguon 2006. Plus d’une fois la foule s’est ameutée dans un coin de la rue pour décrier la disparition du sexe d’un homme, jeune ou moins jeune. A cette occasion, les « voleurs de sexes » se seraient subrepticement glissés dans les masses très compactes pour distribuer dans la confusion, des maléfiques poignées de main qui dépossèdent les mâles de leurs « organes de base ».

La France au rendez-vous

L’Association Action Solidarité du Noun basée en France (ASN), a pris une part active aux manifestations du Nguon 2006. De concert avec les autres Bamoun de France, les membres de ASN ont participé au grand défilé du Samedi 09 Décembre 2006 à la Cour Traditionnelle d’Apparat de Foumban. Action Solidarité du Noun s’est aussi taillée un espace en vitrine dans le village de la communauté Bamoun de France situé non loin du Carrefour Serpent à deux têtes. arées des atouts de beauté qui distinguent les amazones Bamoun, les hôtesses de ASN ont accueilli des multiples visiteurs dans un environnement admirablement décoré. Au contact des populations, elles ont servi sans réserve des dépliants et autres supports de communication déclinant l’Association Action Solidarité du Noun.
Les responsables des établissements scolaires du Noun ont enregistré leurs besoins en matériels informatiques auprès de ASN qui devrait, au lendemain des manifestations du Nguon 2006 , offrir des ordinateurs à l’Inspection d’Arrondissement de l’Education de Base de Foumbot et à une Association Féminine de l’Arrondissement de Foumban.
 

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